Historique de l'abbaye

Du huitième au vingtième siècle, l'abbaye a traversé treize siècles d'histoire de France.

Douze siècles d’histoire à l’abbaye d’Aniane

En 782, Wittiza, mieux connu sous le nom de saint Benoît d’Aniane fonde l’abbaye bénédictine sur le territoire du futur village d’Aniane. Benoît construit un monastère qui inclut une église dédiée au Saint-Sauveur. Sous le règne de Louis le Pieux, cette abbaye sera le point de départ d’une reforme monastique répandant une nouvelle règle bénédictine dans les monastères européens.

Rivale de Gellone au XIe siècle, l’abbaye d’Aniane a connu des périodes d’affaiblissement et d’épanouissement au long du Moyen Âge, jusqu’en 1562, où elle est en grande partie dévastée, lors des guerres de religion.

 

En 1633, l’abbaye est rattachée à la congrégation bénédictine de Saint-Maur. Les mauristes s’engagent dans un long chantier reconstruction des bâtiments conventuels et de l’église Saint-Sauveur qui sera à peine terminé à la Révolution française. Leur objectif est de restaurer la grandeur de l'Abbaye. 

Devenu bien national à la Révolution, elle est achetée en 1791 par la famille Farel qui la transforme en filature de coton. Celle-ci fonctionne de 1793 à 1843 et accueille jusqu’à 150 ouvrieres.

Après sa faillite en 1843, le directeur de la maison centrale de Montpellier y installe un nouveau centre pénitentiaire qui entre en fonction dès 1845. De grands travaux sont alors réalisés : nouvel accès, construction des ailes de la cour d’honneur, du mur d’enceinte, de la caserne, ajout d’un second étage sur l’un des bâtiments conventuels pour augmenter la capacité des dortoirs de la maison centrale.

 

En 1885, une colonie industrielle pour jeunes délinquants y est installée. Cette colonie accueille des mineurs qui travaillent dans des ateliers. En 1953, elle devient Institution Publique d’Éducation Surveillée privilégiant ainsi la formation professionnelle par l’obtention de CAP avant d’évoluer en Institut Spécialisé d’Éducation Surveillée en 1975.

En 1998 à la fermeture du site, les 3 hectares sont alors laissés à l’abandon par les services du ministère de la Justice : pillages, vandalisme et dégradations diverses affectent les bâtiments.

L’ensemble est classé au titre des monuments historiques en 2004. Il est propriété  de la Communauté de communes Vallée de l’Hérault depuis 2010.

Le patrimoine architectural de l’abbaye

Le site de l'abbaye est spectaculaire par son immense emprise au sol (30 000m²) mais aussi par la diversité de ses composantes :

  • l’église St-Sauveur, toujours en activité, est le lieu de culte catholique de la commune 
  • la cour d'honneur de 2 000 m² bordée par une ancienne chapelle qui fit office de théâtre pendant les années 1990-2000
  • le cloître qui servit de cour principale pour les détenus
  • les anciens ateliers de travail et leur cour
  • les anciens bâtiments du complexe abbatial mauriste
  • ainsi que d'autres bâtiments annexes et un mur d'enceinte dont il est possible de faire le tour au coeur du village

Aniane, village languedocien d'histoire et de caractère

Aniane, siège de l'abbaye St Benoit, au nord de la vallée de l’Hérault et à vingt minutes de Montpellier par l’A750, compte à peu près 3 000 habitants. Située à l’ouverture des gorges de l'Hérault, Aniane a toujours été un carrefour. Elle est placée sur le passage de la voie toulousaine du chemin de St-Jacques-de-Compostelle. Le village possède une activité traditionnelle agricole et artisanale, mais également une riche activité culturelle. Située dans le périmètre labellisé Grand Site de France Saint-Guilhem-le-Désert - Gorges de l’Hérault, elle se caractérise par une forte concentration de patrimoine historique à mettre en valeur. 

Informations annexes au site