Gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations

La Gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations (Gemapi) est une compétence qui vise à concilier la protection de l’environnement et la sécurité des populations face aux risques naturels.

Une compétence essentielle

Depuis le 1er janvier 2018, la Communauté de communes Vallée de l’Hérault (CCVH) est responsable de la Gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations (Gemapi).

Cette compétence lui permet d’agir pour :

  • Préserver les cours d’eau
  • Réduire les risques d’inondation
  • Restaurer les écosystèmes aquatiques et les zones humides
  • Protéger la biodiversité sur son territoire.

La stratégie Gemapi

La stratégie Gemapi de la CCVH est basée sur un diagnostic territorial et un travail en ateliers de concertation avec les acteurs locaux, les élus référents Gemapi et les maires du territoire.

Elle repose sur trois axes :

  • La gestion des milieux aquatiques pour la préservation écologique et la prévention des inondations
  • L’intégration des enjeux dans les projets d’urbanisme
  • Le développement d’une communication adaptée

Un budget annuel et une équipe

Les actions de la Gemapi sont financées par une taxe facultative, la taxe Gemapi, qui est collectée sur les taxes foncières et autres contributions locales. Le budget de la Gemapi pour 2025 est estimé à 371 204 €.

L’équipe Gemapi de la CCVH est composée de deux agents : responsable Gemapi, et technicien Gemapi. Ensemble, ils assurent la mise en œuvre des projets liés à cette compétence.

Nos cours d’eau

Qu’est-ce qu’un bassin versant ?

Un bassin versant est une zone où toute l’eau de pluie converge vers un même cours d’eau, qui peut être un fleuve, une rivière ou un ruisseau.

Les bassins versants de la CCVH

La CCVH se situe sur deux bassins versants :

  • Le Fleuve Hérault, qui prend sa source au Mont Aigoual et s’écoule sur 150 km jusqu’à la Méditerranée, traversant le territoire de la CCVH sur 25 km.
  • Le bassin versant Lez-Mosson, où la Mosson prend sa source à Montarnaud et se jette dans le Lez à Lattes, traversant le territoire sur 3,5 km.

L’entretien des cours d’eau : une responsabilité du propriétaire riverain

Le propriétaire d’un terrain bordant un cours d’eau est responsable de l’entretien des berges et du lit jusqu’à la moitié du cours d’eau. Article L215-1 et suivants du Code de l’environnement.

Il doit veiller à :

  • Maintenir le cours d’eau dans son profil d’équilibre,
  • Permettre le bon écoulement naturel des eaux,
  • Contribuer au bon état écologique du cours d’eau.

La CCVH met à disposition un guide pratique pour vous accompagner dans ces démarches.

La réglementation sur les cours d’eau

Certaines interventions sur les cours d’eau nécessitent une autorisation préalable des services de l’État :

  • La mise en eau, le drainage ou l’assèchement
  • Le recalibrage des berges
  • L’aménagement du lit (busage, barrage)
  • Le défrichement de la ripisylve
  • Le curage du lit
  • L’utilisation d’engins motorisés dans le cours d’eau
  • La dérivation, le déplacement du lit ou son remblaiement

Fossé ou cours d’eau ?

Certains ruisseaux peuvent s’assimiler à des fossés et inversement. Une vigilance est de mise car les travaux en cours d’eau sont soumis à la loi sur l’eau. Pour ces travaux, une déclaration d’intention de commencement de travaux en rivière doit être déposée auprès de la DDTM.

L’entretien des cours d’eau par la CCVH

Depuis 2018, les équipes de la Gemapi, réalisent des travaux d’entretien de certains cours d’eau, pour prévenir les risques d’inondation, en abattant notamment les arbres instables et en retirant les bois morts. Ces interventions visent à prévenir la formation d’embâcles (amas de bois morts) dans les traversées de villages et aux abords des ponts, tout en favorisant la régénération de la ripisylve (végétation bordant les cours d’eau).

Ces actions sont menées en automne-hiver pour minimiser l’impact sur la biodiversité. Parfois de grande quantité de bois flottants s’accumulent, surtout le Fleuve Hérault, qui nécessitent des interventions d’envergure.

Avant / Après l’entretien d’un cours d’eau

L’espace de bon fonctionnement des cours d’eau

L’espace de bon fonctionnement est la zone dans laquelle le cours d’eau peut divaguer de part et d’autre, déborder en cas de crue, un espace dans lequel une ripisylve peut se maintenir ou se développer. Un espace optimum de bon fonctionnement est défini par des bureaux d’études et adapté ensuite avec les élus afin d’intégrer les infrastructures existantes (habitations, routes). Des mesures de gestion sont ensuite définies pour mieux anticiper les crues et préserver la biodiversité. Des démarches sont en cours sur le territoire pour définir l’espace de bon fonctionnement de certains cours d’eau :

  • Le fleuve Hérault par l’EPTB Fleuve Hérault
  • La Mosson par l’EPTB Lez

La biodiversité des milieux aquatiques

Les zones humides

Qu’est-ce qu’une zone humide ?

Ce sont des terrains régulièrement inondés ou saturés en eau, où poussent des plantes adaptées aux milieux humides (art. L.211-1 du Code de l’environnement).

En France, ces milieux abritent 25 % de la biodiversité, mais ont perdu 67 % de leur surface au XXe siècle. Pourtant, ils jouent un rôle clé en régulant les crues et en préservant la biodiversité.

Des espaces essentiels

Les zones humides agissent comme :

  • Infrastructures naturelles participant à limiter l’impact des inondations, en absorbant et redistribuant l’eau progressivement
  • Filtres naturels, améliorant la qualité des eaux souterraines,
  • Réservoirs de biodiversité, favorisant la pollinisation et l’agriculture
  • Espaces de loisirs, propices aux promenades et à certaines activités

Une protection réglementaire

Les zones humides sont protégées par le code de l’environnement.
Tout projet pouvant assécher, remblayer ou imperméabiliser une zone humide doit être déclaré aux services de l’État.

Les zones humides de notre territoire

Les zones humides couvrent 2,5 % du territoire de la CCVH, majoritairement sous forme de ripisylves (forêts bordant les cours d’eau). Des inventaires ont été réalisés par les EPTB Fleuve Hérault et Lez pour mieux les gérer. Il ressort que deux secteurs sont particulièrement sensibles :

  • Les zones humides de la plaine de La Boissière
  • Les zones humides alluviales à Gignac et Pouzols

Les zones humides de la plaine de La Boissière

S’étendant sur 88 hectares et 8 km le long des ruisseaux du Coulazou et des Cavaliers, ces zones humides ont été identifiées en 2006 comme prioritaires en raison de leur position en tête de bassin et de leur vaste surface de prairie humide sur le bassin versant Lez-Mosson.

Les zones humides à Gignac et Pouzols

Le secteur concerné par la présence de ces zones humides, d’une superficie de 408 hectares, est délimité par le cours d’eau Rieutord (ou Valpudèse) au nord, le Fleuve Hérault à l’ouest, le cours d’eau Lussac au sud, et la route départementale 32 à l’est

Ces zones humides ont été identifiées en 2016 en tant qu’enjeu majeur.

Plans d’action et financement

Pour ces zones humides en particulier, des plans d’actions sont en cours d’élaboration, afin notamment de qualifier les services rendus par ces zones humides, d’identifier les pressions et menaces qui s’y exercent et de définir ainsi les actions à mettre en œuvre pour leur préservation.

Ces études sont financées chacune à hauteur de 80% par :

  • L’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse : 50%
  • La Région Occitanie Pyrénées – Méditerranée : 20%
  • Le Département de l’Hérault : 10%

Espèces exotiques envahissantes

Qu’est-ce qu’une espèce exotique envahissante?

C’est une espèce introduite par l’homme volontairement ou involontairement dans un territoire hors de son aire de répartition naturelle, et qui menace les écosystèmes, les habitats naturels ou les espèces locales. 

Les espèces envahissantes sur le territoire de la CCVH

  • Faune : Tortue de Floride, écrevisse de Louisiane …

Ces espèces entrent en concurrence avec les espèces locales telles que la cistude d’Europe et l’écrevisse à pattes blanches.

Ecrevisse de Louisiane
  • Flore : Canne de Provence, Ailante glanduleux …

Nombreuses sont les espèces végétales envahissantes sur le territoire. Elles ne concernent pas que les milieux aquatiques.

Dans le cadre de la Gemapi, la CCVH se concentre sur les espèces envahissantes des milieux aquatiques, où des actions sont encore possibles pour limiter leur propagation. Pour certaines espèces le phénomène est déjà irréversible.

La renouée du Japon : un défi majeur

Originaires de l’Asie de l’Est et du Japon, les renouées asiatiques sont des plantes herbacées vivaces à croissance rapide. Elles forment des massifs qui peuvent atteindre 1 à 3 mètres de hauteur. Elles sont facilement reconnaissables par leurs larges feuilles, leurs tiges vertes et roses et leurs grappes de fleurs blanches.

Introduite au 19ème siècle, cette espèce a aujourd’hui colonisé l’amont du bassin de l’Hérault, menaçant la biodiversité.

Renouée du Japon

Les actions de la CCVH

La CCVH mène chaque année des prospections pour arracher manuellement ces plantes, souvent présentes sur les embâcles.

Ces opérations sont réalisées en partenariat avec le service espaces naturels de la CCVH et les communautés de communes du Clermontais et du Grand Pic Saint Loup.

Intervention mécanisée à la Meuse

L’enrochement, situé rive droite du barrage de la Meuse, était en partie colonisé par la renouée du Japon. Il n’était pas possible d’arracher les rhizomes à la main, puisqu’ils étaient situés très en profondeur. Une intervention mécanisée a donc été nécessaire, elle a été réalisée à l’été 2025

Prévention des inondations

Qu’est-ce le risque inondation ?

Le risque d’inondation correspond à la possibilité qu’une zone soit touchée par une montée des eaux, avec des conséquences pour les personnes et les activités qui s’y trouvent. Il dépend de deux éléments :

  • L’aléa, c’est-à-dire la probabilité qu’une inondation se produise
  • Les enjeux, c’est-à-dire les populations, habitations, infrastructures ou activités présentes dans la zone concernée

Un risque d’inondation existe lorsque des enjeux sont exposés à un aléa, autrement dit, lorsqu’une inondation pourrait impacter des biens ou des personnes.

Le risque dans notre territoire

En vallée de l’Hérault différents types d’inondation peuvent survenir :

  • Débordement de cours d’eau
  • Crues torrentielles
  • Ruissellement
Les zones inondables par débordement de cours d’eau

Les inondations majeures sur le territoire

Crue de l’Hérault

  • Septembre 1907 : Crue de référence avec un débit estimé à 3 500 m³/s à Montagnac, soit 1,2 fois la crue centennale.
  • Décembre 1997 : Crue la plus forte récemment enregistrée (période de retour de 30 à 50 ans), avec un pic de 2 040 m³/s à Gignac.
  • Novembre 2011 : Crue d’une période de retour de 10 ans, avec un pic de 1 600 m³/s à Gignac.
Gorges de l’Hérault après la crue de 2011

Zones inondables

La plaine entre Saint-Jean-de-Fos et Agde est régulièrement touchée, même par des crues modérées. La route de Saint-Guilhem-le-Désert est submergée dès une crue quinquennale (Q5).

À Bélarga, les quartiers bas sont inondés avant une crue décennale (Q10), avec un risque d’eau remontant dans le village en cas de forte crue.

Crues torrentielles

Il s’agit de crues soudaines avec des eaux rapides et puissantes. Elles peuvent causer des dégâts importants malgré une courte durée.

  • Exemples survenus le 29 septembre 2014 : crue du Lussac à Pouzols, crue de l’Aurelle à Popian et Saint-Bauzille-de-la-Sylve, crue du Rouvièges et du Dardaillon à Bélarga

Ruissellement

De fortes pluies localisées peuvent provoquer des inondations, comme à Saint-Pargoire en 2014. Ce phénomène est encore mal connu. L’EPTB Hérault a mené en 2024-2025 une étude pour mieux identifier les zones inondables par ruissellement sur le bassin versant de l’Hérault 

Mieux comprendre les risques d’inondation

La CCVH réalise des études hydrauliques sur certains cours d’eau, pour mieux anticiper les crues et protéger les habitants. Ces analyses permettent de :

  • Repérer les zones inondables
  • Identifier les populations concernées
  • Proposer des aménagements basés sur des solutions fondées sur la nature

Les rivières étudiées sont choisies en fonction des crues passées. Depuis 2022, des études ont été menées, ou sont programmées, sur :

  • Le Verdus (Saint-Guilhem-le-Désert)
  • Le Lussac (Pouzols)
  • L’Aurelle (Saint-Bauzille-de-la-Sylve et Popian)
  • L’Argenteille (Saint-Saturnin-de-Lucian et Jonquières)

Qui intervient pour prévenir les inondations ?

Différents acteurs agissent pour limiter les risques liés aux crues :

L’État

  • Cartographie des zones inondables et élabore les plans de prévention des risques
  • Organise la surveillance et l’alerte des crues

Les EPTB (Établissements Publics Territoriaux de Bassin)

  • Améliore la connaissance des risques
  • Accompagne les communes (pose de repères de crue…) et les EPCI (animation des plans d’actions de prévention des inondations)

Le Maire

  • Informe les habitants sur les risques
  • Intègre les enjeux d’inondation dans les documents d’urbanisme
  • Met en place le Plan Communal de Sauvegarde
  • Gère les eaux pluviales

La CCVH

  • Entretient les cours d’eau
  • Réalise des études hydrauliques
  • Met en œuvre des projets de prévention des inondations fondés sur la nature

Partenaires

Partenaires institutionnels :

  • Etablissement Public Territorial de Bassin (EPTB) du Fleuve Hérault
  • Etablissement Public Territorial de Bassin (EPTB) du Lez
  • Région Occitanie / Pyrénées – Méditerranée
  • Département de l’Hérault
  • Direction Départementale des Territoires et de la Mer (DDTM) de l’Hérault
  • Office Français de la Biodiversité (OFB)
  • Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse
  • Communauté de communes du Clermontais
  • Communauté de communes du Grand Pic Saint Loup

Partenaires associatifs :

  • Conservatoire d’Espaces Naturels Occitanie
  • Demain la Terre!
  • Ecologistes de l’Euzière
  • LPO
  • La Boissière environnement
  • ASA du Canal de Gignac
  • Fédération départementale de pêche
  • Association pouzolaise nature et environnement
  • Fédération départementale des chasseurs